joomla templates

Dimanche, 30 Novembre 2014 19:06

Grande Guerre: Prémontré

Le Calvaire des sœurs de Prémontré

Le journal des sœurs de l'hôpital de Prémontré, en Picardie, nous montre quel fut le calvaire qu'elles ont vécu durant la grande guerre. Prémontré était un asile ayant plus de 1200 résidents; et les sœurs étaient au nombre de 52.

" Le tocsin avait sonné. L'asile comptait, en ce temps-là, 650 malades hommes et 750 malades femmes, 52 sœurs, 60 infirmières plus les employés et les ouvriers des différents corps de métier. Le service médical se composait du médecin- directeur, du médecin-adjoint et de 2 internes. Le médecin –adjoint et les internes furent appelés sous les drapeaux, aux premiers jours du mois d'août 1914. Le médecin-directeur partit à son tour le 30 ou le 31 août pour mettre sa famille en sûreté à Paris, mais il ne revint pas. Il restait à l'établissement M. l'économe qui faisait fonction de maire de la commune(…)"

Dès la fin août, les sœurs voyaient passer sous les murs de l'asile, des colonnes de réfugiés et elles se demandaient si elles ne  devaient pas,  elles aussi,  penser à partir :

…"partir, mais  pour aller où? (se disaient-elles) Et comment emmener tant de monde? Avec l'illusion que donne l'ignorance, on se rassurait disant "Il vaut mieux garder la maison, et puis la guerre ne durera que trois semaines, nous a-t-on dit"(…)

A la fin du mois, l'hôpital eut à accueillir les belligérants,  et jour après jour,  les sœurs furent largement mises à contribution:

…"le 30 août, arrivait l'avant-garde anglaise venant de Belgique et se dirigeant sur Paris.  Nous fîmes tout notre possible pour soulager  ces braves gens qui cherchaient à nous rassurer. Toutes les provisions que nous avions préparées pour la journée y passèrent."(…)

Le lendemain, ce fut au tour de l'armée française, soldats harassés, couverts de poussière qui fuyaient devant l'ennemi:

…" on leur distribuait de la boisson, on faisait la chaîne avec des brocs de café, de tisane ou de toute autre boisson. On courait le long des chariots en marche, presque sous les pieds des chevaux pour atteindre les cavaliers qui nous tendaient leur quart."(…)

 

Dans la soirée du même jour, un autre régiment qui les suivait, et qui en  avait reçu l'ordre fit halte à l'asile. Tous s'ingénièrent à  préparer de quoi permettre aux soldats  de se reposer,  sur de la paille rapidement  étendue dans tous les locaux disponibles:

…"Les soldats avaient rêvé de passer une bonne nuit.  Vers les onze heures ils reçurent l'ordre de fuir, donné par une estafette, signalant l'ennemi derrière elle. Ils partirent en hâte, nous disant "Demain vous aurez les Allemands ici. Traitez-les comme vous nous avez traités, ils ne vous feront aucun mal"(…)

En effet dans la soirée du lendemain, 1er septembre, les Allemands arrivaient, en rangs serrés, et  ils s'installèrent  à l'asile:

…" Les officiers en vainqueurs sommèrent les autorités de l'asile et  celles de la commune de se présenter, et d'avoir à leur servir le souper. A partir de ce jour ils s'installèrent dans l'asile comme chez eux. Ils firent main basse sur les meubles, la literie, la vaisselle et sur  le ravitaillement.(…) A la fin de l'année 1914, les provisions étaient  totalement épuisées, et l'année 1915 fut très éprouvante.(…) Beaucoup de malades mouraient de faim et de froid. Le bois manquait et  nous allions tous les jours à travers la forêt, munies de cordes et de bâches pour ramener ce que nous pouvions de bois, et aussi de   fougère pour remplacer les matelas que les occupants avaient expédiés dans leur pays" (…)

Dans une telle situation comment  les sœurs auraient-elles pu donner de leurs nouvelles!

Elles  vivaient  sous  occupation, ne pouvaient expédier aucun courrier et  même  pour sortir de la localité, il  leur fallait  un passeport de la Kommandantur à  payer 1,25 mark. Dans une telle situation comment  les sœurs auraient-elles pu donner de leurs nouvelles!

Pendant ce temps, à  la Roche et à Rome, on vivait dans l'inquiétude la plus profonde et sur chacune des lettres de l'année 1915, se lit la  même phrase:

"toujours pas de nouvelles de nos chères sœurs de Prémontré"!

               Texte tiré de l'histoire de la Province de Savoie, Tome 3 - Sr Marie Hélène Magnien

                                                                                  Suite le mois prochain …


Back
Partout | dans le monde

passpartDécouvrez la revue des Sœurs de la Charité de sainte Jeanne-Antide Thouret : une fenêtre sur la Congrégation, l’Eglise, le monde.

Si vous désirez connaître la revue et recevoir un numéro en hommage, vous pouvez envoyer votre demande à cette adresse e-mail :
m.jacqueline@suoredellacarita.org

www.partoutdanslemonde.it

Publications

filo1

Cette rubrique présente les livres principaux qui regardent l'histoire de la Congrégation, la vie de Sainte Jeanne Antide et les Saintes. Et Cahiers spirituels, DVDs, ...libri



leggi

Renseignements utiles
 Links
filo3
 Contacts
filo3
 Aire Réservée
filo3
 Recherche et aire réservée
filo3
 Inscription au Newsletter
filo3
Suivre la Direct
filo3