Les données relatives aux conversions sont tellement frappantes que pendant deux ans, toute l’Île-de-France sera appelée à en discuter et à comprendre ce qui se passe. Et surtout, comment ne pas passer à côté de cette vague de foi. L’Église en Île-de-France s’apprête à vivre un moment exceptionnel de son histoire : la tenue d’un Concile Provincial dont la phase de consultation démarrera le 25 janvier 2026. Ce rendez-vous est une opportunité historique de bâtir, ensemble, l’avenir de nos communautés.

« Nombreuses sont les personnes, jeunes et adultes, qui se tournent aujourd’hui vers nos paroisses pour demander le baptême et tous les sacrements de l’initiation chrétienne.

C’est une joie immense de les voir se lever.

Leur démarche a été initiée par une rencontre du Ressuscité qui leur a fait signe et qui nous fait confiance pour les accueillir et leur donner leur place.

Quelle joie ! et quelle responsabilité aussi !

Le concile provincial qui s’annonce est une très bonne nouvelle pour nous tous. Demandons ensemble le secours du Saint Esprit.

Avançons avec confiance sur les chemins qu’Il nous indiquera. Il nous rendra plus aptes à accueillir en nos communautés celles et ceux que Il adjoint aujourd’hui à nos communautés pour suivre le Christ et rendre gloire au Père »

Mgr Dominique Marie Joseph Blanchet, évêque de Créteil et, depuis le 21 mai 2025, évêque-président du Comité pour la mission en France

« Le sujet est extrêmement encourageant et motivant », a déclaré le père Maiximilien de La Martinière, secrétaire général de ce concile provincial. « Dans ma paroisse, ces dernières années, nous avons baptisé environ 15 jeunes ou jeunes adultes à chaque veillée pascale.

L’année dernière, ils étaient 23 et nous avons maintenant 50 catéchumènes parmi les 800 participants dimanche.

Cela change la paroisse.

De nombreuses paroisses connaissent des évolutions similaires. Ce mouvement commence à avoir un impact réel sur la vie des catholiques en France. »

Témoignages de néophytes

Salomé

Je m’appelle Salomé, baptisée et confirmée dans l’Église catholique en 2025. Mon chemin vers la foi est né d’un appel intérieur profond, d’une quête de vérité et d’un désir sincère de rencontrer le Christ.

Ce qui m’a attirée vers l’Église, c’est d’abord une rencontre avec l’art sacré dans l’enfance qui m’a conduite à découvrir l’Évangile. La liturgie a ensuite tenue une place centrale dans ce long cheminement et j’y ai trouvé cette présence vivante du Christ qui éclaire, apaise et met en vérité. J’y ai aussi découvert une communauté appelée à vivre l’Évangile concrètement, dans les relations humaines du quotidien.

La messe occupe une place centrale dans ma vie de foi. C’est un temps de silence, de présence et de rencontre réelle avec le Christ. Elle m’aide à me recentrer, à déposer ce que je porte et à me laisser transformer. Même lorsque je traverse des tempêtes, la messe demeure pour moi un lieu de fidélité et d’ancrage.

Tout a commencé par une homélie, entendue à un moment très précis de ma vie. Des paroles simples, mais profondément justes, reçues comme une réponse intérieure. Peu de temps après, une rencontre spontanée avec une jeune paroissienne lors d’un événement organisé par la paroisse m’a permis d’échanger avec Monsieur le Curé qui a entendu et confirmé cet appel, ce qui a ouvert concrètement le chemin du baptême. Sans ces deux moments, je ne serais probablement pas baptisée aujourd’hui.

L’accompagnement du catéchuménat a ensuite été important pour m’aider à avancer. L’expérience de la communauté, elle, demande parfois du temps et de la délicatesse. Pour un nouveau baptisé, l’attention, le respect et les gestes simples de bienveillance sont essentiels.

Pour la suite, je souhaite continuer à avancer humblement dans la foi, en restant fidèle à cet appel intérieur et en discernant aussi la manière dont le Seigneur m’appelle à Le servir, y compris la possibilité d’une vie consacrée.

J’encourage la communauté à accueillir avec douceur ceux qui arrivent : un regard ou une parole peuvent devenir un véritable point de départ, et prendre soin des personnes, c’est déjà vivre l’Évangile.

Anonyme

Vers l’âge de 22 ans, j’ai quitté la religion musulmane que mes parents m’avaient transmise pour me retrouver dans l’agnosticisme. Cela étant dit, cette période coïncidait avec celle du COVID. Je me suis alors mis à me poser des questions plus profondes, notamment sur la souffrance et la question de la morale.

En Jésus, j’ai trouvé un sens à cette souffrance et un exemple de bonté et de perfection morale que l’on peut fixer comme une boussole dans un monde rempli de tribulations. Puis, en faisant connaissance avec Jésus, je me suis interrogé sur le moyen le plus approprié d’approfondir cette relation avec Lui.

L’Église catholique, à travers sa beauté liturgique et sa continuité historique, érigée sur sa tradition depuis saint Pierre jusqu’au dernier pape, ainsi que les sacrements qu’elle offre comme nourriture spirituelle, m’a semblé être le meilleur moyen de parler à Jésus. J’ai donc décidé d’entamer la démarche du catéchuménat à Saint-Sulpice.

Ce que j’ai aimé pendant ce parcours, c’est le respect de ma liberté : ces deux ans de discernement et de préparation au baptême ont été pour moi le signe de cela. De plus, j’ai été accompagné par le père Pivot, paix à son âme, qui était un prêtre doté d’une grande sagesse et d’une grande humilité, et qui m’a accompagné tout au long de ce cheminement.

La deuxième chose qui m’a marqué en tant qu’ex-musulman, c’est qu’à Saint-Sulpice, je n’étais pas pointé du doigt comme « l’ex-musulman »… mais j’ai pu être « catholique comme tout le monde ! », comme dirait Louis de Funès, et cela a été pour moi un immense soulagement.

Ceci étant dit, l’Église est incarnée dans ses fidèles, et nous avons chacun nos différences. J’ai parfois pu être fatigué de me sentir séparé des autres culturellement, du fait que je n’ai pas baigné dans cette culture depuis mon enfance comme les autres. Mais comme l’a dit le père Raphaël dans l’une de ses homélies : « Saint-Sulpice, ce n’est pas le Club Med du 6ᵉ arrondissement », et Dieu merci, j’ai trouvé de bons amis qui comprenaient ma situation et qui m’ont accompagné dans l’amour et la bienveillance, notamment l’équipe des servants de messe que j’ai pu intégrer.

Aujourd’hui, après mon baptême, je fais face à de nouveaux combats spirituels, et il est préférable de ne pas les mener seul. Je pense qu’avec le travail des prêtres et des membres de la coloc de Saint-Sulpice, ainsi que de tous les paroissiens qui apportent leur touche à cet édifice spirituel, je ne serai pas déçu.

Enfin, je vous remercie tous pour ce beau berceau d’amour et de charité que vous avez su m’offrir.

Sophie

Je m’appelle Sophie, j’ai 57 ans et je travaille en tant qu’artiste peintre, j’expose et je donne des cours artistiques. Je travaille également pour le diocèse de Saint-Brieuc. J’ai été attirée vers l’Eglise par un désir d’y rencontrer le Christ, de prier en communauté, d’y recevoir la communion.

J’avais également beaucoup de demandes dans mes prières pour ma vie personnelle et ma famille. Ensuite, avec le temps, mes prières se sont élargies et elles continuent de s’approfondir.

J’ai vite ressenti le besoin de demander à faire ma confirmation après avoir lue des publications sur ce sacrement, et écouter des enseignements de prêtres ou de sœurs consacrées sur internet. Ces enseignements m’ont fortement impressionnée et je désirais vivement recevoir les dons de l’Esprit Saint par le sacrement de la confirmation.

J’ai été très bien accueillie par la paroisse Saint Sulpice, proche de mon lieu de travail, ou je venais régulièrement pour la messe et les temps d’adoration.

Il ne s’agissait pas de ma paroisse puisque je n’habitais pas le quartier, et je ressentais donc un besoin à ce niveau, celui de faire partie d’une communauté, ce que j’ai pu réaliser dans mon nouveau lieu de vie.

J’ai quitté Paris juste après ma confirmation, et le hasard a même fait que la date de la signature de la vente de mon appartement, et donc de mon déménagement vers la campagne, a été fixée le lendemain pile de ma confirmation, en 2021 !

Je réalisais par ce départ un vœu qui datait de mon enfance. Quitter la ville et vivre plus proche de la nature.

Je ne l’ai pas regretté.

Arrivée chez moi en Bretagne, j’ai été facilement accueillie en tant que bénévole pour aider à la tenue du catéchisme. Maintenant je travaille à mi-temps pour le diocèse de saint Brieuc en tant que coordinatrice du catéchisme, ce qui m’apporte beaucoup de joie. Je ne l’aurais pas imaginé quelques années plus tôt !

Je souhaite maintenant me rapprocher d’une communauté, comme celle de l’Emmanuel, qui propose des formations spirituelles, comme le parcours Effusion de l’Esprit Saint. Je l’ai suivi cet été à Paray-le-Monial, et nous commençons à le mettre en place sur ma paroisse. Je suis persuadée de l’importance de ses initiatives pour laisser à Dieu la place d’agir dans nos cœurs et faire de nous des missionnaires à son service.

Lorsque nous recevons le baptême et la confirmation, Dieu agit dans notre vie dès le temps de préparation et de façon continue si nous lui restons fidèles.

Je remercie toutes les personnes qui m’ont accompagnée sur ce chemin de conversion. Que Dieu les bénisse.

 

 

Témoignages tirés du site web de la paroisse Saint-Sulpice de Paris