Des décennies de conflit et d’isolement, dus dans un premier temps à la guerre entre 1955 et 2005, ont provoqué une crise humanitaire dévastatrice qui continue de toucher l’ensemble de la population.
Après avoir obtenu son indépendance du Soudan en 2011, le pays a connu entre 2013 et 2018 un nouveau conflit interne dû à des divergences entre les principales institutions de la nouvelle République. Le conflit a officiellement pris fin en septembre 2018 avec la signature par les parties de l’Accord revitalisé sur la résolution du conflit en République du Soudan du Sud. Toutefois, la situation reste difficile et l’accord de paix reste menacé.

Ces dernières semaines, on a assisté à une escalade de la violence entre l’armée et les forces d’opposition. Selon un rapport récent de l’Unicef, depuis fin décembre 2025, les violences se sont intensifiées, en particulier dans les régions du nord et du centre du pays. Dans l’État de Jonglei, au moins 280 000 personnes ont été déplacées, dont la plupart sont des femmes et des enfants qui risquent d’être tués, mutilés ou recrutés par des groupes armés. La malnutrition et la famine augmentent, le système de santé est en train de s’effondrer, le choléra et le paludisme se propagent.
« Nous sommes profondément préoccupés par le sort des femmes et des enfants touchés par ces violents affrontements. Nous savons que ces régions enregistrent les taux de malnutrition infantile les plus élevés et que les enfants mal nourris qui ne reçoivent pas de soins ont 12 fois plus de risques de mourir », a déclaré Noala Skinner, représentante de l’UNICEF dans le pays. « Nous demandons instamment à toutes les parties de cesser les violences et de garantir un accès rapide, sans entrave et sûr à l’aide humanitaire et aux travailleurs humanitaires afin qu’ils puissent atteindre les groupes déplacés les plus vulnérables. »

L’accès pour fournir une aide d’urgence à ceux qui en ont besoin a été gravement entravé. En outre, les agences humanitaires ne parviennent pas à atteindre les populations vulnérables en raison des restrictions imposées aux déplacements fluviaux, aériens et routiers. Six comtés de l’État de Jonglei ont déjà épuisé ou sont sur le point d’épuiser leurs stocks d’aliments thérapeutiques, un produit de première nécessité pour les enfants souffrant de malnutrition sévère.
Dans ce contexte de violence, de famine et de malnutrition, Mgr Hiiboro Kussala, évêque du diocèse de Tombura-Yambio, lance un message de paix et de guérison à l’approche du Carême.
« Notre diocèse est confronté à de nombreux défis : la haine, les divisions tribales, la manipulation des jeunes, la trahison, la violence ciblée, les divorces forcés, la pauvreté et les maladies qui touchent nos communautés.
Le Carême n’est pas seulement une période de jeûne, souligne l’évêque, mais un temps de renaissance spirituelle, de responsabilité sociale et de guérison communautaire. Nous sommes invités à revenir à Dieu, à rétablir les relations et à construire des communautés de réconciliation et de solidarité. Que chaque paroisse, chaque famille et chaque individu s’engage à revenir à Dieu, à rétablir la paix et à soutenir les plus vulnérables », conclut Mgr Kussala.
