Le Tchad accueille le plus grand nombre de réfugiés de toute l’Afrique : les combats et les conditions humanitaires désastreuses provoqués par le conflit qui a éclaté entre les armées rivales au Soudan en avril 2023 ont jusqu’à présent entraîné le déplacement de 14 millions de personnes, qui se sont réfugiées dans les sept pays voisins, selon l’ONU.
Peu d’endroits subissent les effets de la guerre en cours de manière aussi aiguë que le Tchad, qui est désormais le plus grand pays africain accueillant des réfugiés par habitant, selon l’agence des Nations unies pour les réfugiés, le HCR. Étant donné que 87 % de la population totale des réfugiés au Tchad est composée de femmes et d’enfants, ces préoccupations ne cessent de s’accroître.

Depuis avril 2023, le gouvernement tchadien et le HCR ont aidé 67 % des personnes fuyant le Soudan déchiré par la guerre à s’installer dans des camps plus spacieux et nouvellement créés, où les réfugiés et les communautés d’accueil bénéficient des services fournis par les équipes humanitaires.
« L’accueil généreux des réfugiés par le Tchad est un acte de solidarité fort », a déclaré le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Barham Salih.
Souvent qualifié de « tour de Babel du monde » en raison de ses plus de 200 groupes ethniques et 100 langues,
le Tchad est confronté à de multiples défis.
- Avec plus de 42 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté, le pays est l’un des plus pauvres du monde.
- Actuellement, l’insécurité alimentaire touche plus de 3,4 millions de personnes sur les quelque 20 millions d’habitants que compte le pays. De nombreuses familles luttent chaque jour contre la faim et le manque de produits de première nécessité. Environ 480 000 enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère et ce chiffre est en augmentation.
- Accueillant aujourd’hui plus de 1,5 million de réfugiés, le Tchad continue de maintenir ses frontières ouvertes avec le Soudan, tout en devant faire face à des chocs climatiques et sécuritaires.
- Des inondations extrêmement violentes, notamment en raison du nombre de personnes touchées, soit 622 550. Leur grave impact est principalement dû au début précoce de la saison des pluies dans les zones soudanaises et sahéliennes en raison du changement climatique.

Dans la langue locale, le mot « Tchad » signifie « grand miroir d’eau » et reflète l’importance culturelle du lac Tchad, qui donne son nom au pays.
Mais le lac continue de rétrécir en raison du changement climatique
Avec une population en forte croissance, le Tchad dépasse largement sa capacité en ressources
La situation en matière de sécurité est tout aussi préoccupante.
Des groupes extrémistes violents, dont Boko Haram et ses affiliés, ont continué à semer l’insécurité dans le bassin du lac Tchad, provoquant le déplacement de plus de 250 000 personnes.
Dans le nord, les réseaux de trafiquants et l’extraction illégale de charbon s’ajoutent à la violence sexiste et à l’exploitation du travail des enfants.

La présence de l’Église
Du 25 au 29 janvier 2026, la capitale du Tchad a accueilli la 13e Assemblée des évêques membres de l’ACERAC (Association des Conférences épiscopales de la région de l’Afrique centrale). Cette importante rencontre ecclésiale s’est déroulée sous le thème : « Les défis de l’Église-Famille en Afrique : 30 ans après Ecclesia in Africa », marquant ainsi un moment privilégié de relecture, de discernement et de projection pastorale.
Trente ans après la publication de l’exhortation apostolique Ecclesia in Africa de Jean-Paul II (1995), les évêques d’Afrique centrale (Tchad, Cameroun, Gabon, Congo-Brazzaville, République centrafricaine, Guinée équatoriale) ont voulu mesurer le chemin parcouru et s’interroger sur l’actualité du modèle de l’Église-Famille de Dieu, qui reste l’une des contributions les plus fécondes du premier Synode africain. En effet, dans un contexte marqué par de profonds changements sociaux, politiques, économiques et culturels, cette Assemblée a offert un espace de dialogue libre et fraternel pour écouter les réalités concrètes vécues par les peuples de la région.
À l’issue des travaux à D’jamena, les évêques de l’ACERAC ont exprimé leur espoir : celui d’une Église africaine fidèle à sa vocation de famille de Dieu, humble et courageuse, capable de témoigner de l’Évangile au cœur des souffrances et des aspirations des peuples.
Trente ans après Ecclesia in Africa, le message reste d’actualité :
l’Afrique n’est pas seulement un continent à évangéliser, mais aussi une terre porteuse de dons pour l’Église universelle.
Sources texte et photos : ONU, HCR, The European Times News